Emilie Asli-Corré : l’aventure entrepreneuriale à Miami

Emilie Asli-Corré : l’aventure entrepreneuriale à Miami

Après un bac au lycée Léon de Lepervanche et des études de RH à Paris, Emilie a pris la direction des Etats-Unis avec sa fille et son mari. « Nous avons décidé de nous installer à Miami pour entreprendre, et pour offrir à notre enfant une ouverture sur le monde et de nouvelles cultures ».

Racontez-nous votre parcours.

Née à Paris, je suis arrivée à l’âge de six ans au Port, où j’ai passé toute mon enfance. Mes parents viennent d’un milieu modeste. Après mon bac au lycée León de Lepervanche, j’ai quitté la Réunion pour suivre une formation en Ressources Humaines (Licence RH et Master 1). J’ai travaillé dans différentes sociétés à Paris ; dans la dernière je m’occupais de la formation et de la GPEC pour 700 salariés.

Pourquoi vous êtes-vous installé aux Etats-Unis ?

Nous avons décidé de nous installer à Miami afin d’entreprendre, et pour offrir à notre fille la possibilité d’apprendre une nouvelle culture et de s’ouvrir au monde. L’aventure a commencé à la tête d’une franchise française dans le domaine de la beauté, mais aujourd’hui nous travaillons sur d’autres projets.

Comment s’est adapté la famille à la vie américaine ?

L’arrivée n’a pas été facile tant au niveau professionnel que personnel, particulièrement pour notre fille. Les premiers mois, elle a été scolarisée dans un collège public ou aucun enfant ne parlait français mais aujourd’hui elle est très épanouie dans son collège. Miami est une ville très dynamique et interculturelle. La majorité des gens y parlent deux langues : anglais et espagnol et énormément de communautés se côtoient. Par exemple nous avons des voisins russes, cubains, américains… Il est facile de trouver du travail, de créer une entreprise. La gestion des entreprises est plus simple comparé à la Réunion. En revanche du point de vue de la santé, la médecine est hors de prix à Miami . Une visite chez le médecin coûte environ 150 dollars !

Quels sont vos projets ?

Mon objectif premier est de me confronter à d’autres cultures, d’apprendre et de pousser mon potentiel. Je veux aussi offrir à ma fille une ouverture au monde à travers l’apprentissage des langues étrangères. Aujourd’hui elle est scolarisée dans le meilleur collège de Floride, elle est quasi bilingue. Son prochain objectif est d’apprendre l’espagnol.

Que vous apporte l’expérience de la mobilité ?

La mobilité est une expérience très enrichissante, tant au niveau professionnel que personnel. J’ai appris à devenir autonome, à devenir une adulte responsable. Le fait d’être Réunionnaise n’est pas un avantage ou un inconvénient, car dans les grandes capitales du monde, seule compte la performance.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

Les Etats-Unis sont quasiment au plein emploi. Vu d’ici la situation économique française semble très sclérosée, assistée, administrée. Je pense que cela nuit au dynamisme du pays et de la Réunion. La Réunion tout comme la France offrent très peu d’opportunités aux jeunes entrepreneurs comme moi.

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

La famille, les amis et bien évidement la cuisine réunionnaise. J’ai toujours avec moi des photos de famille afin de ne jamais oublier d’où je viens. D’un point culinaire, la nourriture cubaine est proche de celle de la Réunion ; vous pouvez retrouver le riz blanc servi avec ses grains et son poulet grillé… Chose que j’apprécie !

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Très peu de personnes connaissent l’île de la Réunion aux Etats-Unis. Ils ne savent pas qu’il s’agit d’un département français. Lorsque je leur dis que je suis Française, ils sont étonnés !